Céline Dehors et François l’Explorateur — Aspirants, chercheurs en liberté, expérimentateurs d’idées loufoques. — Et accessoirement auteur de « Ce que le Souffle m’a donné »

jeudi, septembre 25, 2014

Je teste avec vous…
M'exprimer sur le droit à l'IVG !

Quel débat vu et revu ! Il peut survenir à tout moment, un peu comme celui de la reconnaissance des couples homosexuels, comme s'il s'agissait d'un morceau trop difficile à avaler. Le droit à l'IVG est resté coincé quelque part au travers de la gorge de quelqu'un. Quelques hauts-le-coeur et il remonte. Un petit verre d'eau et il redescend. Sans jamais vraiment atteindre l'estomac. Les mentalités évoluent, doucement, c'est normal. Ce que je trouve moins supportable, par contre, c'est la tournure que prennent les débats actuels, même ceux débutés entre amis.

Quand on parle de l'IVG, ça tourne toujours autour du futur bébé. Oui mais tu vois c'est tuer une vie alors ce n'est pas simple… Et à partir de quel moment le bébé a une âme, personne ne le sait… Avorter d'un embryon d'accord, mais d'un fœtus ?… et blablabla, gnagnagna… Ca n'en finit pas ! On discute du nombre de semaines où l'IVG est acceptable. On discute des enfants handicapés. On discute des pays où seuls les garçons sont les bienvenus à naître… Patati patata. Tout cela est bien intéressant mais en réalité ça ne concerne en rien l'IVG !

Et si vous me dites avorter c'est mettre fin à une vie à part entière, je vais m'empresser de mettre vos pendules à l'heure. Commençons par un chiffre. Un fœtus est constitué à, disons, environ 100% d'atomes provenant du corps de la femme qui le porte. Il y a là une relation hiérarchique indiscutable : sans le corps de la femme, le fœtus n'existe pas. Ce n'est donc absolument pas une vie à part entière, elle dépend bien trop du corps d'une autre vie : de sa mère. Si la femme se drogue, l'enfant est drogué. Si la femme s'empoisonne, l'enfant est empoisonné. Si la femme se meurt, l'enfant meurt. Partant de ce principe, je suis toujours plus qu'étonnée par la vitesse à laquelle la société s'empare de cette vie lovée à mi-chemin entre le milieu extérieur et un corps souverain. Si vous le voulez, vous n'avez qu'à me passer à travers le corps !, ni une, ni deux, certains le font sans pudeur ! Ton corps, ok, ma bonne femme, mais un enfant que je me dois de protéger ! Honnêtement, je trouve cela dégueulasse.


Qu'est-ce qu'une IVG ? Interruption Volontaire de Grossesse. En quelques mots, c'est quand un petit enfant en devenir s'est installé dans le ventre d'une femme et que la femme ne veut pas, ni avoir d'enfant ni, d'elle-même, faire de cette enfant en devenir un enfant tout court. Alors la femme en question, volontairement, décide de mettre fin à cette grossesse. Irrémédiablement, le fœtus meurt. Cette mort survient contre la volonté du fœtus, nous sommes bien d'accord.

Une femme a-t-elle le droit de mettre fin à cette vie ? Hum, posons la question autrement : Une femme est-elle obligée de donner la vie ? Bon, rappelons-le, le couvre-feu n'existe pas au pays des gamètes, pas facile donc de les maitriser. Ensuite le fœtus, lui, ne désire qu'une chose : grandir et naître. Rares sont donc les fois où il décide de lui-même de renoncer à son grand projet. Il faut vraiment que ça parte en cacahouète, qu'il se rende compte qu'il n'est pas viable, pour qu'il déclenche une fausse couche. Quand ça ne va pas pour la femme qui porte, pour une raison ou une autre, la responsabilité lui revient automatiquement. Il n'y a qu'elle qui peut raisonnablement dire si ça peut le faire ou pas. Une femme, comme tout autre personne, même enceinte, a le droit de contrôle sur son corps. Si une autre personne, même sans défense, décide de se servir contre sa volonté et sa raison, elle a le droit d'y mettre fin. Et oui. C'est ainsi. C'est le grand pouvoir de la femme ! Mouhahah !

Quelqu'un qui meurt de faim vous réclame un morceau de votre corps pour se nourrir, vous avez le droit ou pas de le lui refuser ? Ah ! Vous lui proposez un autre morceau de viande ? Votre voisin par exemple ?! Ou ce magnifique bouc :


Se dire contre l'IVG, c'est quelque chose ! Une femme veut avorter et on se permet de se mettre en travers de son chemin ? Ca veut dire qu'on décide à sa place de ce qu'elle doit faire de son corps ? Sous prétexte de sauver une vie, qui, je le rappelle, dépend entièrement d'elle ? A la limite de l'appartenance ? Une femme se doit d'avoir le droit d'avorter. D'ailleurs, il me semble qu'historiquement, elles l'ont compris depuis bien longtemps. Bien longtemps avant que la société ne se rende compte qu'elles l'ont.

Jusqu'à quand a-t-elle le droit d'avorter ? Il faut savoir que plus tard l'IVG a lieu, plus cela est difficile, aussi bien au niveau physique, psychologique que psychique. Il ne faut pas qu'une IVG devienne un problème physique ou psychologique pour la mère ou son entourage. Voilà sur quoi doit se baser le débat de la date limite. Le fœtus pense-t-il ? A-t-il une âme ? Est-il humain ? On s'en moque si la femme préfère s'en moquer. Et si la femme en question est sans cœur ou qu'elle ne se rend pas compte de ce que représente la vie qui grandit en elle ? Et puis c'est bien connu : les femmes sont des idiotes incapables de comprendre ce qui se trame dans leur ventre. Voyez plutôt la fin de l'article où je parle un peu d'éducation. Il y a surtout un moment où le fœtus peut devenir grand prématuré, puis prématuré, puis simplement à naître. Dans ces trois derniers cas de figure, il me parait peu admissible de le tuer pour tranquilliser une femme, dans la mesure où il pourrait exister une autre échappatoire.

Flash-Info : En France, une femme peut avorter jusqu'aux 12 semaines du fœtus.

Dans quelle condition a-t-elle le droit d'avorter ? Dans les meilleurs conditions qui soient, à savoir : avec des outils à la pointe de la technologie, gratuitement et sans la nécessité du contentement de qui que ce soit.

Pour quelle raison aurait-elle le droit d'avorter ? Pour toutes les raisons qui la concernent, elle, personnellement. Parce qu'elle ne veut pas d'enfant est une bonne raison. Parce qu'un enfant trisomique ne lui parait pas être une bonne vie à mettre au monde est une bonne raison.

Mais avorter, ce n'est pas anodin ! Comment peut-on savoir si la femme décide d'avorter pour une bonne ou une mauvaise raison ? Comment peut-on savoir si elle est consciente de ce qu'elle fait ? Voilà, enfin, des questions intéressantes sur l'avortement ! Comment peut-on bien éduquer les femmes pour qu'elles apprennent à contrôler leur immense pouvoir qui est de donner la vie ? et accessoirement : Comment peut-on éduquer les hommes pour qu'ils apprennent à respecter cet immense pouvoir ? Car voilà ce qu'il faut apprendre à chacun (plutôt que d'interdire aux femmes de contrôler leur corps dans de dignes conditions) : à quand un cours à l'école pour discuter de la signification de la vie ? à quand un cours à l'école pour dire aux jeunes filles qu'elles ont ce pouvoir et qu'elles doivent apprendre à en faire bon usage ? à quand un cours à l'école pour dire aux jeunes garçons qu'ils se doivent de soutenir les femmes dans la maitrise de ce pouvoir ?

Dans Cahier Pédagogique j'ai lu le témoignage de Anouk Pantella, CPE dans un lycée du Var, qui réagissait à la phrase d'une de ses élèves : "De toute façon, avec la pilule, ça part !". Cette élève avait subit une IVG. Le "ça", pourquoi n'a-t-elle pas dit ce que c'était véritablement ? Comment peut-on laisser de jeunes femmes ainsi aussi démunies devant la réalité physique de la vie ?

Plutôt que de discuter sur le bien-fondé de l'IVG, dites plutôt à vos filles et vos garçons qu'une vie est une chose précieuse qu'il faut savoir respecter, qu'il ne faut pas ignorer. Dites à vos filles et à vos garçons qu'ils se doivent d'y penser lorsqu'ils font l'amour ! Dites à vos filles et à vos garçons que l'IVG n'est pas une contraception. Dites à vos filles et à vos garçons qu'un enfant, cela peut se faire mais en son temps, mais de façon réfléchie et volontairement.

Le monde idéal n'est pas un monde où l'IVG est interdite, le monde idéal est un monde où chaque homme et femme savent et assument ce qu'ils font avec la vie.

Poème écrit le 07.08.09 :

Je ne suis plus sainte car bientôt je tuerai de mes mains
Ma peau si blanche se couvrira de rouge carmin
Comme mon coeur qui pulse des envies si féroces
Tuer un homme, ô mon Dieu, c'est atroce !

Je ne connaitrai pourtant ni ses yeux ni sa peau,
Alors qu'on m'avait dit que faire l'amour était beau !
Du moins... Jusqu'à ce que mort s'ensuive
Car je suis bien trop jeune pour qu'il vive.

S'il a déjà quelques bontés au creux de ses larmes
Faites qu'il puisse les distribuer aux autres petites âmes
J'ai si peur qu'aux hommes son être vienne à manquer
C'est surement pour ça que je m'empresse de le tuer.

Il ne pèse encore qu'un tout petit souvenir
pourtant ma voix chante comme si j'étais martyre
Le temps ne me laisse pas enfanter comme bon me semble
Alors en tant que mère en danger, je tremble...

2 commentaires:

  1. Comme vous dites, la création de la vie ne se fait pas seul mais à deux. Aussi bien l'homme que la femme sont concernés à part égale.
    Trop peut de personnes savent ce qu'est l'IVG. A tel point que l'IVG est considéré comme une moyen de contraception et non de contragestion.
    Comment peut-on accepter qu'une femme se fasse avorter une 14ème fois sans que personne ne l'informe des moyens de contraceptions existants ?
    Comment peut-on accepter qu'un homme explique : "de toute manière elle a qu'a prendre la pilule" alors que la sexualité se vie à deux.

    Je crois que la vrai question porte sur "l'éducation sexuel" qui n'est pas seulement un apport d'informations.

    L'éducation est un processus qui consiste à modeler un comportement. Celle-ci prend du temps et ne peut se faire sur un an, mais plus tôt tout au long de notre vie.

    Et oui l'IVG est une question pour jeune femme, ou garçon, ou jeune fille ou homme et femme.

    Arrêter de stéréotypé les sexe, un homme doit être tout autant informé qu'une femme.

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    1. Vous avez tout à fait raison de préciser ce point : l'éducation n'est pas simplement un apport d'information. L'éducation pousse l'individu à avoir une réflexion et à modeler son comportement en fonction.

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A bientôt !
Céline.

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